Le marché est en surchauffe

Combien de temps cela prendra-t-il? A combien s’élèvent les prix ? D’année en année, les départements de Savoie et de Haute-Savoie ne connaissent qu’une augmentation des prix et du nombre de ventes : en 2021 encore, tous les records sont battus, près de 30 000 transactions sont conclues…

“Les volumes n’ont jamais atteint ce niveau”, constate Sébastien Cartier, président de la Fédération nationale de l’immobilier en Savoie Mont Blanc (FNAIM PME), qui a fait le point sur le marché lors de sa conférence annuelle. Les Pays de Savoie suivent la tendance nationale. En France, il y a 1,2 million de transactions en 2021. Là encore, c’est un record. »

Dans certaines villes du Pays de Savoie, les écarts sont démultipliés par les prix, notamment sur le marché de l’immobilier. Les acquéreurs semblent prêts à dépenser de plus en plus d’argent pour s’offrir la suite de leurs rêves. Un phénomène que l’on peut observer en Savoie.

coup de chaleur sur les maisons

Il est rare qu’il y ait des communes où le prix des maisons anciennes n’ait pas augmenté. Plus que des pointes, ce sont littéralement les flambées constatées par les notaires savoyards. En Savoie, les prix de l’immobilier ont augmenté en un an de 17 % dans la Vallée du Mauryan, 16 % dans l’agglomération de Chambéry, 15 % à Albertville, 13 % à Aix-les-Bains et 11 % à Interlax. En Haute-Savoie, le même phénomène est observé autour de Romelli (+18%), Annecy (+12,5%), Saint-Juríuz (+11%), Bonneville (+10%) ou encore Crossels (+9%).

“Une fois mises en vente, les maisons sont vendues !” note Sébastien Cartier. Les délais sont trop courts, car les acheteurs sont à l’affût. Ils achètent au prix sans négocier. Du coup, le budget de la suite atteint des niveaux sans précédent. : 590 000 € à Annecy, 660 000 € autour de son lac, 500 000 € à Crosiles, 424 000 € à Dauphin, 420 000 € à Aix-les-Bains, 340 000 € à Chambéry, 321 000 € à Romilly… pour ne citer que quelques villes. Avec moins de 300 000 €, difficile de trouver Maison en Pays de Savoie.

Les prix des maisons anciennes ont augmenté de 18 % à Rumeli en un an. Illustration Adobe Stock

A Aix-les-Bains et Chambéry, on est aux anges !

Les appartements d’Aix-les-Bains et de Chambéry ont connu une hausse de valeur atteignant respectivement 3 650 €/m² (+11 %) et 2 410 €/m² (+7,4 %). Depuis la fin du premier confinement, le marché immobilier aixois est mis à l’écart.

« La qualité de vie, avec le lac, attire de plus en plus d’acheteurs, de voyageurs transfrontaliers, d’Annecy et même de Parisiens et Lyonnais », identifie Sébastien Cartier. Dans le même temps, la construction neuve a baissé entre 2019 et 2021 (-19%). L’offre de logements est faible, ce qui explique l’inflation à l’échelle de la ville (Tréserve, Grésy-sur-Aix, Entrelacs, etc.).

Quant à Chambéry, les prix élevés s’expliquent par les nombreuses livraisons de logements neufs ces dernières années, dont certaines alimentent désormais le marché en biens anciens. “La ville continue d’attirer de nombreux investisseurs qui achètent un logement pour deux logements neufs”, souligne Vincent Davey, président de la Fédération des promoteurs immobiliers (FPI) des Alpes.

A Annecy, la demande reste tout aussi forte.  Archives photos Le DL / Pierre CHARLES
A Annecy, la demande reste tout aussi forte. Archives photos Le DL / Pierre CHARLES

Reprise à Genève, statu quo à Annecy

Après quelques perturbations liées à la crise sanitaire, le canton de Genève a continué à embaucher des frontaliers. Et donc les marchés immobiliers genevois et lémanique repartent à la hausse (+6%)”, note Sébastien Cartier. Selon les villes, quasi proches de la frontière suisse, le mètre carré se négocie entre 2.800 euros par exemple chez Bons -en-Chablais et 4 500 euros à Archamps.

La Vallée de l’Arve continue de croître d’environ 5% par an. “De plus en plus de frontaliers s’installent à La Roche-sur-Foron, Saint-Pierre-en-Fusigny et Bonneville”, constate Christophe Dekambo, directeur de l’agence Montagne Immobilier. De plus, les alpinistes, qui n’ont plus les moyens d’acheter à Chamonix par exemple, se dirigent vers Salanche ou Passy. » Deux communes où le prix du mètre carré est désormais de 3 000 € (+ 8 % en un an) et 2 750 € (+ 15 %).

Enfin, à Annecy, rien de nouveau ! « La production de logements neufs reste rare, la demande reste forte et les prix continuent d’augmenter », explique Jean-Christophe Buzon, directeur de Charmels Immobilier. Le coût de l’ancien appartement est de 4 540 euros le mètre carré (+ 6,4 %).

De plus en plus de Suisses ?

Cette surchauffe du marché, notamment des maisons, s’explique par différents facteurs. “Le foncier se fait de plus en plus rare. La maison est plus que jamais poursuivie depuis la fin du premier confinement. Et les clients suisses achètent de plus en plus de logements, notamment dans le nord de la Haute-Savoie”, analyse Sébastien Cartier.

Les acquéreurs suisses auront d’ores et déjà les yeux rivés sur Collonges-sous-Salève, Neydens, Archamps, Viry, Valleiry… Les communes dotées d’un budget de 600 000 € sont le ticket pour acheter une maison bientôt ! “Ils sont allés jusqu’à atteindre Ansi”, dit-il. Des acheteurs arrivant avec un pouvoir d’achat bien supérieur à celui des Français.

“L’effet Covid, l’envie de vivre dans une villa avec jardin, n’est pas l’apanage des Français”, estime Ado Mako, agent immobilier à Annemasse. “D’un point de vue suisse, les prix français sont très attractifs au passage de la frontière”, ajoute Sébastien Cartier. Comme le dit le journal Tribune Genève Début février, le prix d’un appartement à Genève était de 12’000 francs suisses le mètre carré, soit 11’371 euros.

Le mètre carré peut monter jusqu'à 12 000 euros dans les stations les plus prisées comme Val d'Isère.  Illustration Adobe Stock

La montagne est un havre de paix

“Quand l’immobilier va bien, l’immobilier de montagne va bien !”, rappelle Jean-Jacques Botha, directeur de la Fédération Nationale de l’Immobilier de Savoie Mont Blanc.Tous types de biens confondus, toutes stations confondues, on constate un prix au mètre carré de 6 500 €, soit + 8 % sur 1 an Dans les stations de grandes gammes, comme la vallée de la Tarentaise, on peut monter jusqu’à 8 500 euros le mètre carré, et on peut monter jusqu’à 12 000 euros au maximum stations populaires comme Val d’Isère. »

Les domaines montagnards solides, fiables et jamais sous-évalués des stations savoyardes ont attiré plus d’acheteurs que jamais, tant sur leurs marchés primaires que de luxe.

“Il s’impose plus que jamais comme une valeur refuge. Il permet de faire un investissement agréable et de le rentabiliser en le louant à des touristes. C’est une formule gagnante !”, déclare Jean-Jacques Botha.

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