comment « Le Petit Robert » choisit ses nouveaux mots

Chaque année, le dictionnaire populaire introduit de nouveaux noms communs, pour le moins de temps en temps. Explications par Géraldine Moinard, sa nouvelle éditrice.

Eco-anxiété, glottophobie, wokisme, NFT, tiers lieu, brouteur, stylométrie, image verte : chaque nouvelle édition du “Petit” Robert pour introduire de nouveaux mots et phrases dans son corps. Un index à la Prévert fait également office de baromètre, recherchant quelques-uns des moments derrière les néologismes. Depuis sa création en 1967, ce dictionnaire a été longuement révisé par le regretté Alain Rey (1928-2020) tant il a ouvert de nouveaux usages et innovations. Trois questions à sa nouvelle rédactrice en chef, Géraldine Moinard.

Comment ajouter de nouveaux mots ?
Le processus est bien établi. Nous comprenons les nouveaux mots, combien de fois ils sont utilisés de différentes manières : impression, littérature, conception de sites Web… Nous aimons ce qu’ils ont à offrir. S’ils sont beaucoup utilisés, mais dans le même cercle, il y a moins de temps pour choisir. Les mots plus petits que petits sont courants, c’est-à-dire dans les groupes et les groupes d’âge. Nous nous efforçons également d’évaluer sa durabilité. Il est rare qu’un « mot à la mode » entre sur notre page moins d’un an après sa découverte, encore moins. On se retrouve souvent pour discuter, certains mots s’imposent, comme cette année NFT ou wokism. Dans d’autres cas, il peut s’agir d’élections. On se donne un petit thème, ce qui nous permet de nous différencier de nos concurrents. Nous sommes avant tout.

“Les mots peuvent commencer une nouvelle vie, comme ‘lockdown’, un mot différent et ancien qu’il y a deux ans.”

Au fait, y a-t-il des mots qui reviennent dans votre liste ?
Pas cette année et le dicton commun dit que c’est rare. Alors que la puissance papier du dictionnaire nous impose ses limites, nous nous efforçons de garder nos chiffres de trois cent mille en appuyant sur les murs et les colonnes de texte et de tromperie. Évidemment, nous n’avons pas ce contrôle avec la puissance numérique. Même si certains mots sont tombés en désuétude au fil des ans, nous voulons qu’ils restent, et la fonction principale du dictionnaire est d’expliquer, d’éclairer. Et puis on a envie de suivre les termes, ils peuvent prendre différentes significations sur le temps, comme aujourd’hui avec « bail », « bio » ou « licorne ». Tout en commençant une nouvelle vie, comme “confinement”, un vieux et vieux mot il y a quelques années. Nous incluons toujours des signes d’utilisation, ainsi que des références à des mots apparentés. L’utilisation systématique des analogies dans notre simulation. Ce n’est pas parce qu’un mot est inclus dans un dictionnaire qu’il en fait une pierre !

En ajoutant “iel” à votre commande numérique il y a quelques mois, vous avez créé une polémique…
Ce n’est pas notre premier métier. En tant que linguistes et lexicographes, nous sommes là pour montrer les changements de langue, donner leur avis et les mettre en perspective, pas pour prendre parti ou pour l’autre. Le mot “iel”, désignant l’individu de chaque homme, a été inventé en 2008 et, bien qu’il ne soit pas largement utilisé, a progressivement acquis des terres. Aujourd’hui, il est largement utilisé et diffusé auprès des jeunes générations. Selon nos exigences, il a donc sa place dans la nouvelle presse. Même si on ne peut qu’apprécier de se disputer sur un mot ou une phrase – car cela prouve que la population est liée à sa langue – on est souvent surpris et appréhendé des types qui sont provoqués. . Petit Robert Il fut souvent critiqué – lors de sa première publication, en 1967, Maurice Druon, le secrétaire ordinaire de l’Académie française, s’en plaignit. “Reprendre des mots dans le flux” – mais pas avec méchanceté.

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Le Petit Robert des Français, 2023, 66,90 €.

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