Bebopaloolah

 

Littinérance

Les années précédentes

Soutien à la création littéraire

Les comédiens passeurs de texte

Programmation

Comment participer? 

Résidences d'écrivains

Littinérance
19 - 22 novembre 2003

Les comédiens... passeurs de texte

Littérature, la belle errance en Auvergne

 


conception visuel 
Oxygène 04 73 93 11 89

L’Agence fait appel à des comédiens professionnels, la plupart de la région Auvergne, pour lire les textes des écrivains invités à Littinérance. Plus d’une trentaine de lectures ont été données depuis décembre 1997.

Ces lectures peuvent être re-programmées. C’est un moyen simple et peu coûteux de faire entendre des textes à des publics très divers et d’encourager ainsi la découverte de nouveaux écrivains.

Vous pouvez nous contacter pour plus d'informations sur les lectures déjà données lors des différentes saisons de Littinérance et de Lire & Dire.

Il nous importe de faire entendre des textes lus à haute voix, de convier au partage de l’écoute et au plaisir ancien de « se laisser raconter des histoires ». À la voix silencieuse et singulière de chaque écrivain, celle du comédien-liseur vient en écho pour l’amplifier et lui donner une autre résonance.

Ils sont comédiens professionnels et se livrent à l’exercice délicat de prêter leur voix à un texte, à un écrivain. Pour eux, cela n’est pas un acte anodin. Ils le disent, chacun à leur manière mais tous avec force et conviction.

Ce que nous disent les comédiens des auteurs qu’ils ont lus

Nathalie Vannereau lit Soazig Aaron

« Ouvrir le livre est un acte.
Le manger à plusieurs est un acte poétique.
Donner à entendre la parole de nos auteurs est politique. Faire passer la pensée par nos bouches, nos langues, nos corps est ainsi une fête, un rendez-vous de Littinérance auquel je réponds chaque fois avec force d'enthousiasme.
A l'instar des dieux grecs assis à la table du festin pour partager des nourritures dont leur immortalité n'a que faire, réunis pour les délices d'une dévoration inutile, ils habitent alors pleinement leur demeure de vaste liberté.
S'asseoir nous aussi à la table des délices et avec Soazig Aaron cette année, approcher de la bouche Le NON de KLARA comme une part vitale de cette substance. »

Rachel Dufour lit Agnès Dargent

« Agnès Dargent absorbe les paysages qu'elle traverse à vélo : elle se projette aux abords des villes, dans les faunes que la route fossilise en elle, les pentes qui descendent au fond de soi. De l'auteure sur son vélo au lecteur sur son livre, il y a un parcours commun d'absorption du monde et de retranscription des trajets. Il y a un parcours commun d'échappées belles qui ramène à sa vie soufflée de milliers d'instants. »

Laurence Cazaux lit François Emmanuel

« Chaque livre porte une langue. Prendre le temps de la laisser venir à soi, de la goûter, la humer, la mâcher, la sentir, la relire…
Première lecture du Sentiment du fleuve de François Emmanuel, premières impressions d’une langue souterraine, premiers pas d’un voyage en direction d’une cité obscure. Première rencontre imaginaire, en attendant celle du mois de novembre… »

Monique Jouvancy lit Sylvie Gracia 

« Centrale
Ils sont là. Sur les bancs d'une salle vidéo. Des gardiens armés les ont amenés. Ils attendent. Pour elle et moi, c'est la première fois.
Je commence. A lire. A envoyer ses mots à elle, l'auteure. Leurs regards me transpercent. Je ne me dérobe pas. J'affronte. Elle aussi. A la hauteur. Après ils parlent.
Ils ont lu beaucoup. Tout ce temps à purger leurs longues peines. Ils comparent. Jettent des ponts entre le livre et leurs lectures. Citent Flaubert, la correspondance, Kierkegaard parce que moi les romans…
On écoute, petites. Comme dans le livre, le sous-texte crie.
Il est l'heure. On les laisse. On rejoint le monde. Ils restent. Défilent devant nous, nous broient la main. On passe sous les miradors. On se regarde. On se tait. » 
(rencontre-lecture avec Marie-Hélène Lafon à la Centrale d'Yzeure le 22 nov. 02)

Philippe Bohelay lit Jean-Charles Massera

 « Un pauvre 14 juillet… chez le directeur du Puy du Coût (de la main d’œuvre). Je me bouffe trois Prozac grâce à la CMU de l’intermittent. A mes côtés, un sans-papier malien coiffé d’un chapeau tyrolien clopine sur une langue de bois « made in New Order » en hurlant son rôle de Pirate : « Les Gogo, les Gogo… les Golois ».
En face de moi, une sorte de Claire Chazal joliment décorée à la chinoise m’indique que « Non, décidément non, vous ne faites plus partie des salariés du Parc Asthénique. Nous avons pris bonne note de la destruction partielle de votre enthousiasme créatif mais vous devez reconnaître qu’il était la source de tous nos déficits. » Et voilà que je me dis : « tu n’es même plus une attraction ! »
Reste l’humour à froid de Jean-Charles Masséra pour qui la machine totalitaire a sa langue, aussi creuse qu’une « bulle financière ». La faire éclater, c’est nous enrichir. Spéculons ! Oui… mais sur la dérision. »

Nadège Prugnard, sur le feu lit Fabrice Combes et Gilles Moraton 

« - Allô, oui… je vous entends m… (blouc crrrrac buzzzz). Oui… c’est pour lire… lire ?!! (Whaouoooouu cool shebam pow blop wizz !) euh oui qui ?… Gilles Moraton et Fabrice Combes ?… (Ohlalalala… deux auteurs c’est… aïe pof bing crrr glaglagla papoum – papoum – papoum)… une histoire de tomates… des tomates à feu vif ?! (Des to-to des ma-ma des tes-tes ? miam… du coulis dans la bouche de la chair entre les dents la pulpe sur les lèvres miam les mots miam leur peau les petits os cassants des consonnes la moelle juteuse des O des A des E les goûter croquer bouffer les cuisiner à feu vif vite envoyez-moi un texte al dente j’ai ffaaaiiimmm !) rhôôô… euh pardon… enfin… je… lire à voix haute finalement c’est comme la cuisson des tomates… al dente : ‘‘ne pas trop cuire afin que ça reste bien ferme sous la dent’’. » 

Bruno Marchand lit Richard Morgiève

« Retrouver dans l’espace abandonné de ses mots, les images si cristallines de cet écrivain clairvoyant. Tenter de revoir ce qu’il a cru voir dans la profonde visitation de son être intérieur. »

Michel Genniaux lit Philippe Raulet 

« C’est toujours la même histoire.
Je sais tout de lui. L’écriture m’a raconté son histoire. Il ne sait rien encore de moi. Il va d’un seul coup tout savoir. Moment de sincérité. Moment d’humilité, de pudeur, de séduction, d’hésitation, d’attention.
Il est là, l’écrivain, devant moi. Et toujours l’impressionnant silence dans lequel les mots vont tournoyer et danser.
Tous ces yeux qui chaleureusement écoutent. Et doucement la grande porte s’ouvre. C’est le moment du dire. Le public a retenu son souffle.
C’est toujours la même histoire. Le premier rendez-vous. »

Patrick Gay-Bellile lit Noëlle Revaz 

« Lire à voix haute, ce n’est pas très compliqué, au fond.
Il suffit, chaque fois, de réapprendre à lire. Parce que l’auteur a changé, et que c’est lui qu’il faut lire, pas celui de l’année passée, ou d’il y a trois ans.
Et qu’il ne dit pas la même chose, bien-sûr, et pas de la même façon.
Et parce qu’il est là, à côté, qu’il va sursauter, sourire, s’émouvoir, s’inquiéter, et que ce serait tellement bien de lui faire plaisir ! »

Mariecke de Bussac lit Leïla Sebbar 

« Je me souviens de l'impatience de ce tout jeune auteur de rencontrer pour la première fois ses lecteurs, de l'émotion violente de celle qui ne supportait plus d'entendre un texte écrit il y a longtemps, de l'angoisse de cet autre de pénétrer dans une prison, de la timidité de celui qui se tortillait sur sa chaise en écoutant ses propres mots, je me souviens...
Je me souviens surtout de ces mots, tous ces mots, écrits avec le cœur et le ventre, et qui soudain prenaient voix et ce n'étaient plus les mêmes mots, c'étaient des ponts qui nous reliaient tous de façon impalpable. »

Jean-Marc Lugné lit Jacques Serena 

« Un homme trompé parle.
Il s'adresse à la femme qui n'est plus là.
Il aimerait comprendre.
Plus rien dire sans toi, de Jacques Serena est un "roman de voix".
Pour le lire à voix haute, il s'agit de suivre au plus près son style oral. Il me faut répondre à chaque phrase et à sa ponctuation particulière avec l'énergie et la vitesse qu'elles réclament. Le ton et l'adresse au public seront aussi très importants car il s'agit d'une voix qui attend un éclaircissement, une écoute, un écho. »